Alidoro, le chasseur d’ombres et le voleur d’identités
Dans les ruines d’une cité rongée par la pétrification, un homme rusé se jouait des légendes. Jadis simple chasseur de trésors, Perroquet partageait la route du noble Alidoro le Chien, gardien secret de Krat. Mais lorsque l’un rêvait d’honneur, l’autre ne voyait que profit. Une trahison, une querelle, un éclat d’acier — et le sang d’Alidoro coula, scellant le destin de Perroquet.
Sous le masque de son ancien ami, Perroquet usurpa non seulement un nom, mais une mémoire. Revêtant l’identité d’Alidoro, il se servit de la réputation du héros pour tromper la ville entière. Les trésors changèrent de mains, les mensonges s’enchaînèrent, et le mythe fut souillé. Un avis de recherche finit par clouer le faux bienfaiteur au pilori.
Lorsque la Maladie de Pétrification et la Frénésie des Marionnettes plongèrent Krat dans le chaos, Perroquet chercha refuge à la cathédrale de Saint Frangelico. Là, toujours déguisé en Alidoro, il offrit de faux espoirs aux âmes perdues avant de les abandonner à leur sort. Seul, dissimulé dans la bibliothèque, il croisa un étrange pantin nommé Pinnochio. Feignant la gratitude, il obtint de lui l’adresse du Hôtel Krat, ultime bastion de sécurité.
Au fil du temps, Perroquet s’installa parmi les survivants, prétendant être un noble bienfaiteur. Il fit miroiter sa “générosité” à P en échange d’Ergos, mais sa supercherie faillit éclater lorsqu’il attira l’attention d’Eugénie, la sœur du véritable Alidoro. Ignorant la vérité, elle l’admira avec ferveur. Pris entre la peur et la culpabilité, Perroquet choisit la fuite, prétextant une quête d’armes légendaires dans les Marais Stériles.
C’est là qu’il fut approché par les Alchimistes, qui lui promirent fortune et protection s’il trahissait l’Hôtel. Hésitant, rongé par un reste d’humanité, Perroquet accepta finalement de désactiver les défenses du lieu. Mais P le retrouva dans les marais et lui remit un gant à quatre doigts, confectionné par Eugénie. Un présent que Perroquet rejeta aussitôt — car lui n’avait jamais perdu de doigt, contrairement à celui qu’il imitait.
Lorsque P triompha du Monstre Vert des Marais, Perroquet sortit de l’ombre, avouant avoir utilisé le pantin comme appât pour s’emparer de l’arme convoitée. Puis, fidèle à sa duplicité, il retourna au Hôtel Krat et ouvrit la voie aux envahisseurs : la Confrérie des Lapins Noirs, la Renarde Rousse et le Chat Noir. Ensemble, ils semèrent le chaos et capturèrent Geppetto, détenteur du Bras de Dieu.
Rattrapé par P dans les entrailles des Vestiges de Trismegitsus, Perroquet finit acculé, contraint d’avouer sa trahison. Le pantin eut alors le choix : épargner ou achever le traître. Souriant dans son dernier souffle, Perroquet lança : «Je sais ce que vous êtes. Vous êtes la marionnette de Geppetto, n’est-ce pas ? Si quelqu’un n’essaie pas de vous tuer, vous ne pouvez pas leur faire de mal non plus.» Mais P, libre de toute chaîne, frappa sans hésiter. Dans son ultime regard, Perroquet comprit que P devenait humain : « Vous êtes… comme… un humain… ».
Bien plus tard, le jeune explorateur Hugo découvrit son cadavre. Croyant voir en lui le véritable Alidoro, il revêtit son manteau et fit vœu de restaurer l’honneur de Krat, là où le mensonge avait tout corrompu.
