L’aîné de la Confrérie des Lapins Noirs, le maître masqué

Aîné de la Confrérie des Lapins Noirs, le maître masqué

Dans les entrailles dévastées de Krat, là où le silence se mêle à la poussière, un nom résonne comme une ombre : l’Aîné de la Confrérie des Lapins Noirs. Figure imposante, presque mythique, il est le pilier d’une fratrie née de la misère et du sang, une famille de rôdeurs que la guerre et la folie ont soudée plus fort que n’importe quel serment.

Ensemble avec ses frères et soeurs, il arpentait les rues de Krat, poursuivant les rebuts, traquant les pantins fous et protégeant ce qui restait d’humain. L’Aîné menait la marche — calme, implacable, son masque de lapin noir comme une promesse de mort. Il n’était pas un tyran, mais un guide. Ses mots, rares et pesés, inspiraient à ses compagnons une loyauté absolue.

Dans son carnet, retrouvé plus tard dans les décombres du district Malum, on lit des traces d’affection mêlées à la gravité du devoir. Il s’inquiète pour sa sœur, raille doucement le plus jeune, conseille le cadet sur l’art du combat. Entre les lignes, on devine un homme fatigué, conscient que leur monde s’effondre, mais incapable d’abandonner ceux qu’il aime.

Quand la folie de Krat atteignit son apogée, la Confrérie fut forcée de combattre. L’Aîné, l’arme lourde à la main, fit front contre ceux qui menaçaient leur fragile équilibre. Aux abors de la mairie en ruine du Quartier Malum, il affronta P. Ses frères et sa sœur tombèrent un à un, se relevant pour défendre celui qui les avait guidés. Mais face à P, même l’amour fraternel ne suffit pas. L’Aîné tomba, la lame à la main, dans un silence aussi lourd que sa destinée.

Pourtant, la mort n’efface pas les dettes. Les Alchimistes le ramenèrent à la vie, transformant sa loyauté en une arme de plus. Dans les profondeurs des Vestiges de Trismegitsus, il se dressa une dernière fois, son masque fissuré, ses yeux hantés. Non plus comme un chef, mais comme un fantôme en quête de rédemption.

Sa fureur n’était plus celle d’un guerrier, mais d’un père endeuillé. Chaque coup qu’il portait, chaque cri qu’il lançait, résonnait comme un appel à ceux qu’il avait perdus. Et quand il chuta une ultime fois, son masque se brisa — révélant non pas un monstre, mais un homme qui n’avait jamais cessé d’aimer sa famille, même dans la damnation.

Aujourd’hui encore, les survivants murmurent son nom. Ils disent que l’Aîné du Lapin Noir veille toujours, quelque part dans les ombres de Krat, gardien silencieux d’une loyauté brisée, mais immortelle.

Cet article a été mis à jour pour la dernière fois le 4 février 2026.