Andreus, l’Archevêque Déchu et le Saint de Krat
Il y avait un temps où Krat connaissait la paix sous le regard d’Andreus. Quand la ville n’était encore qu’un village pauvre et oublié, l’archevêque consacrait sa vie à ses habitants, et sa vertu était telle que même les criminels se tournaient vers Dieu pour se repentir. Sa bonté semblait refléter celle de Saint Frangelico lui-même.
Lorsque la Ville de Clair de Lune sombrait dans le déclin, les Alchimistes fraîchement arrivés injectèrent des fonds pour reconstruire la cathédrale de Saint Frangelico. Andreus accepta leur aide, scellant un pacte où l’Église recevait richesse et influence, tandis que les Alchimistes étendaient leur contrôle sur Krat. Confiant dans sa foi et persuadé que la Maladie de la Pétrification était un jugement divin, Andreus ouvrit les portes de la cathédrale aux malades, offrant les remèdes préparés par les Alchimistes. Mais lorsque P arriva, la cathédrale n’était plus qu’un tombeau : aucun réfugié n’y subsistait, seulement des carcasses grouillant de ténèbres.
Même dans ce chaos, Andreus continua de croire en sa mission. Il prit sous sa protection Cecile, femme tourmentée et meurtrière, lui offrant refuge dans ses murs sacrés. Elle finirait par lui voler le Bras Divin sur l’Île des Alchimistes, artefact que l’archevêque comptait utiliser pour purifier la ville et expier la corruption amenée par les Alchimistes trente ans plus tôt.
Mais le temps altère même les saints. Le corps d’Andreus se déforma, et l’homme de foi devint un monstre. Dans sa folie, il se proclama l’Ange à une aile du passé, persuadé d’être choisi par Dieu pour sa mission. Sa grandeur s’était changée en orgueil, sa foi en arrogance. Quand la marionnette de Geppetto vint à l’affronter et le terrassa, Andreus reconnut sa chute. Dans un souffle de lucidité, il exprima des regrets pour la bête avide qu’il était devenu, reflet tragique de ses illusions et de son pouvoir mal placé.
Andreus, jadis saint de Krat, demeure désormais l’écho d’un homme qui voulut sauver une ville et finit par s’y perdre.
